La Centrafrique officialise le Bitcoin comme monnaie légale

Et de deux ! Après le Salvador, la Centrafrique est le deuxième pays au monde à adopter le Bitcoin comme monnaie légale. Il s’agit du premier territoire africain a reconnaître une crypto-monnaie au niveau étatique, ce qui devrait encourager sa circulation.

Cela étant dit, deux idées principles se dégagent de cette décision, dont l’une assez inquiétante.

 

  • Une victoire parlementaire, mais difficile à mettre en place

 

L’assemblée nationale centrafricaine a voté à l’unanimité des députés présents cette décision, preuve de sa popularité. Dans la foulée, le président Faustin Archange Touadéra a promulgué la loi, lui donnant ainsi un effet immédiat. Le directeur de cabinet de la présidence et ministre d’Etat Obed Namsio n’a pas caché sa fierté, déclarant que la Centrafrique est devenu « le premier pays d’Afrique à adopter le Bitcoin comme monnaie de référence« .

Cela dit, les réactions négatives ne se sont pas faites attendre. L’ancien Premier ministre et actuel député d’opposition Martin Ziguélué s’est montré sceptique, a et annoncé vouloir dénoncer la loi devant la Cour constitutionnelle. Selon lui, tout cela résulte d’une manigance plus large : « Cette loi est une manière de sortir du franc CFA par un moyen qui vide de sa substance la monnaie commune, ce pas une priorité pour le pays, cette démarche interroge : à qui profite le crime ?« .

Car si le Bitcoin bénéficie désormais d’un cours légal en Centrafrique, il n’est pas plus simple à utiliser qu’auparavant. Pour le moment, l’état n’a pas annoncé de procédure de facilitation, tant pour les marchands que pour les clients ; contrairement au Salvador, la Centrafrique n’a pour l’instant pas annoncé de wallet dédié, ou d’aides apportées à la population pour adopter avec plus d’aisance les transactions crypto-monétaires.

 

 

 

  • Une situation politique délicate

 

Considéré comme le deuxième pays le moins développé au monde par l’ONU, la Centrafrique est également dans une situation politique particulièrement instable. Depuis fin 2020, les forces de sécurité russes du groupe Wagner ont été déployées dans le pays, et sont régulièrement accusées de commettre des crimes de guerre.

Restée pendant longtemps sous influence coloniale européenne, une bonne partie de l’Afrique fait aujourd’hui face à la prédation de puissances comme la Chine et la Russie, sur fond de forte instabilité politique. Deux tiers de la Centrafrique sont encore en conflit face à des rebelles armés, et il apparaît que Wagner s’ajoute au chaos généralisé. Les ressources naturelles du pays, particulièrement concentrées sur les minerais précieux, n’offrent pas de plus-value réelle à la population et seraient possiblement captées par la Fédération de Russie.

Ce large pays européen, actuellement sous le coup de sanctions financières d’à peu près le monde entier, a récemment manifesté un certain intérêt pour les crypto-monnaies. Si la Russie et des pays alliés (ou sous son joug…) souhaitaient contourner les sanctions internationales, force est de constater que les crypto-monnaies s’imposent comme une solution de choix.

Et, comme souvent, ce seront les populations locales qui trinqueront…