Quels défis attendent la Centrafrique dans son adoption nationale du Bitcoin ?

En avril dernier, la Centrafrique a créé la surprise en annonçant l’adoption de Bitcoin au niveau national ; une loi signée par le président Faustin-Archange Touadéra a propulsé la première crypto-monnaie sur le devant de la scène africaine.

Bien entendu, les choses ne font que commencer et n’iront qu’en se corsant – c’est aussi tout le charme de l’aventure, peut-on imaginer. Et afin que cette adoption se passe de manière aussi douce et efficace que possible, le président Touadéra a invité des membres de la crypto-sphère à Bangui afin de discuter de tout cela. D’après un rapport exhaustif, ces sept experts ont passé une semaine dans le pays « afin de mieux comprendre le contexte de la République Centrafricaine et identifier les facteurs principaux qui vont encourager ou décourager l’adoption du Bitcoin dans ce pays« .

C’est une  donc une mission d’envergure, qui a mis le doigt sur les pour et les contres de l’utilisation d’une crypto-monnaie en Centrafrique. Deux axes principaux se dégageant

 

Facteurs vus comme des obstacles :

  • Peu d’accès à l’électricité
  • Peu d’accès à Internet
  • Peu d’utilisateurs mobiles
  • Manque d’organisations dédiées au Bitcoin
  • Nécessité d’une carte d’identité pour l’achat de cartes SIM

Facteurs vus comme des opportunités :

  • Régulations favorables
  • Utilisation fréquente d’argent via mobiles
  • Seulement 5% de la population est bancarisée

 

 

Ce dernier point pourrait être vu comme un problème, mais il faut rappeler que la technologie blockchain peut être un excellent remplacement au système bancaire traditionnel ; ainsi, initier la population à ce nouveau système représente autant un défi qu’une incroyable opportunité.

Contrairement à la population du Salvador, cependant, les Centrafricains souffrent d’un très faible accès à Internet : en janvier 2021, on estimait que seule 11,4% de la population disposait d’une connexion. Forcément, ce sont surtout les villes majeures et surtout la capitale Bangui qui captent la très large majorité de ces chiffres. Un défi que le gouvernement local devra relever sera donc d’éviter une fracture entre milieux ruraux et urbains, ces derniers risquant d’avoir un avantage majeur.

Le rapport avance quelques chiffres très intéressants :

 

  • Population estimée de 4,8 millions de personnes
  • 300 000 cont accès à Internet sur leur téléphone
  • 100% de la capitale est couverte en réseau 3G
  • 2 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles, dont seulement 800 000 seraient uniques (ce chiffre inclut donc les personnes ayant plusieurs abonnements)

 

 

L’idée serait donc de séduire le public avec l’aspect mobile de la blockchain, et une certaine simplicité. Afin d’éviter les défauts propres au Bitcoin, le Lightning Network s’impose comme une solution évidente.

Les vendeurs de mobiles et autres accessoires, comme les cartes SIM, devront offrir un accès simple et efficace à Bitcoin.

 

 

 

 

Mais pour implémenter ce nouveau système à l’échelle nationale, il va falloir innover. Le rapport conseille de suivre la route du Salvador et d’émettre des obligations afin de financer tout cela ; l’idée est intéressante, mais la Centrafrique devra avant tout prouver à d’éventuels investisseurs qu’elle a les épaules assez solides.

Un autre élément qui peut jouer en la faveur du pays est l’hydroélectricité. Le potentiel du pays de ce côté-là est phénoménal, et profiterait tant au Bitcoin qu’à d’autres secteurs ; la création de fermes de minages, qui elles-mêmes produisent une valeur monétaire, permettrait ainsi de justifier encore plus des investissements dans les énergies renouvelables.

Quoiqu’il en soit, le chemin vers l’adoption du Bitcoin dans le pays s’annonce long et compliqué, mais le président Faustin-Archange Touadéra semble déterminé à rendre tout cela possible. Bon courage à tous !